cycle - choisir un puzzle à résoudre

Dans la théorie économique, un « cycle économique » est une période hypothétique, d'une durée déterminée, qui correspond plus ou moins exactement au retour d'un même phénomène économique. L'économiste français Clément Juglar est l'un des premiers (1862) à mettre le concept en évidence au terme d'une étude comparative de l'évolution des « affaires » sur plusieurs pays (France, Angleterre, États-Unis). Les théories économiques dominantes évoquent fréquemment quatre cycles, plus ou moins coexistants selon les théories, et chacun d'une récurrence différente : le cycle Kitchin (3 à 4 ans) ; le cycle Juglar (8 à 10 ans) ; le cycle Kuznets (15 à 25 ans) ; le cycle Kondratiev (40 à 60 ans).L'hypothèse et l'étude de ces cycles répond à une volonté prospective de comprendre et prévenir les crises économiques ou d'en minimiser les effets ou de se prémunir contre certains effets. Au XIXe siècle, la répétition de telles crises (entraînant à grande échelle faillites et licenciements, chute de l'investissement, blocage du crédit et des échanges internationaux, et privant les États de ressources fiscales) ainsi que la proximité de leur scénario conduisent à des études systématiques, comme celle de Clément Juglar. La crise de 1929, brutale et durable, conduira à une explosion des recherches sur les causes de ces phénomènes répétitifs. Les économistes travaillant sur les cycles n'ont pas tous considéré qu'ils mettaient au jour des phénomènes relevant d'un déterminisme de type mécanique (tels par exemple les marées liées au mouvement de la lune), mais ils pensaient que des effets similaires pouvaient découler de causes similaires : ils émirent l'hypothèse que les crises générales pouvaient être dues à des mécanismes sous-jacents endogènes. L'objectif était notamment d'isoler les mécanismes pro-cycliques ou contra-cycliques dans les attitudes, règlements et politiques menées. Après la Seconde Guerre mondiale, le succès des thèses de John Maynard Keynes — qui privilégie la réflexion et l'intervention active — fait passer au second rang l'étude analytique des cycles. Celle-ci est revenue sur le devant de la scène dans les années 1970, notamment avec la théorie des cycles réels développée par les nouveaux économistes classiques. La survenue régulière de crises générales tous les huit à dix ans est observé depuis environ 200 ans.